Une nouvelle étude menée par l’Institut Paul Scherrer (PSI) et Verenum AG, commandée par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et publiée début 2026, met en évidence un levier concret pour renforcer la souveraineté énergétique suisse. En combinant réduction de la demande et valorisation intelligente de la biomasse, la Suisse pourrait remplacer une part significative du gaz naturel importé par du biométhane produit localement.
L’étude souligne que plusieurs gisements déjà présents sur le territoire peuvent contribuer à une production de biométhane, notamment le bois (via des gazéificateurs de bois), les boues d’épuration, les déchets verts, et plus largement des intrants issus des filières de gestion des ressources et des déchets (collecte, traitement, valorisation).
L’enjeu n’est pas seulement technologique, il est aussi systémique : le biométhane n’est pertinent que s’il s’insère dans une stratégie cohérente d’usage des ressources, des infrastructures et des besoins.
« Il est important de toujours garder à l’esprit le système dans son ensemble et de ne pas se focaliser sur des options locales compartimentées. »
Tilman Schildhauer (PSI)
Un point central de l’étude est que la production de biométhane, à elle seule, ne suffit pas à tout remplacer. En revanche, si la Suisse accélère l’adoption de technologies électriques efficaces (par exemple les pompes à chaleur), la demande de gaz pourrait diminuer d’un facteur trois à cinq.
Cette baisse change l’équation : moins de gaz requis, donc une part plus élevée peut être couverte par des sources nationales. Selon les auteurs, la Suisse pourrait couvrir environ 25% à 50% de ses besoins futurs en gaz grâce au biométhane produit sur le territoire. Le bénéfice associé est direct : une diminution de la dépendance aux importations, donc une exposition réduite aux chocs de prix et aux risques géopolitiques.
« Nous pouvons remplacer une grande partie du gaz naturel que nous importons aujourd’hui par du biométhane issu de nos propres sources. »
Christian Bauer (PSI)
Au-delà de l’énergie, l’étude confirme une tendance structurante : la transition énergétique se joue aussi dans la capacité à transformer des flux locaux (bois, biodéchets, boues, résidus) en produits à valeur (gaz renouvelable, chaleur, molécules). Cela renforce l’intérêt des approches territoriales et circulaires qui relient les gisements (ressources issues des activités humaines et des écosystèmes), les procédés (biogaz, gazéification, Power-to-X), les usages (industrie, mobilité lourde, stockage saisonnier), et les impacts (CO₂, résilience, coûts).
Cette publication du PSI confirme que la production de gaz renouvelable à partir de biomasse, combinée à une réduction intelligente de la demande, constitue une trajectoire crédible vers plus d’indépendance et de résilience. Pour WasteOlas, c’est une validation importante des dynamiques de marché autour de la valorisation locale des ressources, et du besoin croissant de solutions industrielles capables de transformer le CO₂ et les flux carbonés en vecteurs utiles, sur des chaînes de valeur territoriales.
À court terme, les opportunités portent sur l’optimisation des gisements, la montée en performance des procédés et l’intégration système (énergie, déchets, infrastructures). À moyen terme, la convergence entre biométhane, captage et valorisation du CO₂, et technologies Power-to-X pourrait accélérer l’émergence d’écosystèmes régionaux de carbone circulaire, exactement là où WasteOlas entend se positionner comme acteur incontournable.